Créer un potager bio, c’est l’occasion d’avoir de beaux fruits et légumes naturels et sans engrais chimiques. Voici quelques astuces pour réussir votre potager.

Où placer votre potager

C’est votre premier potager ? Il est important de bien choisir son emplacement. En effet, certaines plantes aiment le soleil, d’autres pas. Chaque végétal a des besoins différents. Il faut donc bien choisir l’emplacement de son potager afin de permettre aux plants de se développer dans les meilleures conditions. Ensuite, il faut préparer la terre à recevoir les cultures. Le travail du sol en culture bio doit être fait de manière traditionnelle. La terre doit être retournée en automne sur 15 à 20 cm par bêchage ou labour. Répandez ensuite du fumier ou du compost, bien décomposés, qui subiront notamment l’action bénéfique des lombrics et des très nombreux micro-organismes du sol. Privilégiez le fumier de cheval ou de bovins. On les trouve déshydratés en poudre ou en granulés, en mélange avec terreaux ou en vrac chez les agriculteurs. Les guanos sont très concentrés en azote et à utiliser avec précaution. Il est déconseillé de laisser le sol nu en hiver à cause de l’érosion. Au printemps, émiettez la terre en surface avec une fourche et un râteau.

Bien choisir les légumes à faire pousser

En fonction de votre climat et de l’ensoleillement, vous pouvez à choisir les légumes que vous souhaitez faire pousser. De même, la nature du sol est un critère à prendre en compte. La nature du sol a une importance cruciale dans la culture d’un potager. Lourd, meuble, sablonneux, argileux, humide, vérifiez le pH de votre sol pour le corriger avec des amendements au besoin et pour étendre peu à peu la gamme des cultures possibles. Vous pourrez par exemple apporter du sable de rivière à une terre argileuse ; du compost bien mûr et du fumier à une terre sableuse, calcaire ou trop alcaline ou encore, de la chaux ou des algues à une terre acide. Procédez à une analyse de votre terre pour savoir quels types de culture y faire. Cultivez en priorité des légumes adaptés à votre climat et à votre sol, en particulier des variétés locales. Cependant, pour un premier potager bio, l’idéal est de privilégier :

  • Les légumes à croissance rapide des radis, de la laitue, des épinards et du cresson alénois qui se récoltent entre 3 semaines à 2 mois après le semis.
  • Les légumes qui produisent beaucoup comme haricots (grimpants ou nains), fèves, pois (nains, à rames ou mange-tout).
  • Les légumes de culture facile comme les tomates cerises et les herbes aromatiques (basilic, ciboulette, persil, coriandre).

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Associez les cultures

Il s’agit ici d’associer les légumes entre eux. Cultivez donc à proximité des plantes qui auront un effet bénéfique entre elles. Cela permet de mieux occuper l’espace. Aussi les substances dégagées par certaines plantes dans l’air ou le sol repoussent les prédateurs d’autres plantes. Le poireau par exemple repousse la mouche de la carotte et l’œillet d’Inde protège vos pieds de tomates de certains nuisibles. Certaines associations sont bénéfiques pour obtenir des plants vigoureux et des légumes sains. D’autres par contre sont à éviter. Vous pourrez cultiver ensemble : carotte et oignon ; carotte et poireau ; tomate et ciboulette ; aubergine et haricot. Par contre, tomate et pomme de terre ne vont pas ensemble ; tout comme carotte et menthe, haricot et ail, pomme de terre et aubergine. L’association de fleurs et légumes est également très bénéfique pour la survie des plantes. Cultiver des fleurs au potager permet : de lutter contre les mauvaises herbes, d’attirer des insectes utiles et de repousser les insectes nuisibles.

Privilégiez le paillage

Le paillage évite non seulement l’utilisation de produits nocifs, mais aussi, le dessèchement du sol et limite l’arrosage. Il protège le sol des fortes pluies. Avec un paillis, l’eau s’infiltre dans la terre en douceur. Il va permettre de diminuer les pertes en eau et éviter la propagation des mauvaises herbes, surtout en pleine terre. Le paillage permettra d’équilibrer la température de la terre surtout en ville où la température est supérieure à la moyenne, tout en préservant l’activité des micro-organismes du sol. Le paillis permet également de nourrir le sol et en améliorer à long terme la structure. Il est donc important de bien choisir le paillis. Vous pourrez trouver différentes matières en jardineries : fève de cacao, paillette de chanvre, paillette de lin, etc.  Pour réaliser le paillage, il suffit d’apporter à la surface du terreau, une matière organique (le compost, le BRF, les tontes desséchées, les déchets de jardin, les fougères, les feuilles mortes) de préférence végétale, sur une épaisseur de 3 à 5 cm. La matière végétale va stimuler la vie du terreau. Les champignons et bactéries vont décomposer ce paillage et ainsi, le sol retiendra mieux l’eau et s’enrichira en matière organique.

Utilisez des engrais naturels et des traitements bios

Le principe du bio repose sur la non-utilisation de produits chimiques. Que ce soit en fertilisation ou en traitement, n’utilisez que des produits naturels. Il existe des engrais verts (phacélie, moutarde, vesce…) à semer sur une parcelle nue ou cultivée. Après une culture, ils servent non seulement à occuper le sol en attendant une nouvelle culture, mais ils apportent aussi des nutriments au sol. Il réduit considérablement la pousse de mauvaises herbes et évite le recours aux herbicides avant de remettre la parcelle en culture et fixe l’azote dans le sol. Les engrais verts réduisent l’érosion du sol et en améliorent la structure physique. De plus, il est peu cher. On sème un engrais vert dès qu’une culture se termine soit au printemps, avant les premières plantations, soit en fin d’été ou en automne, après une récolte. Des purins de plantes (orties, consoude, prêle…) sont aussi disponibles dans le commerce. Ils ont des vertus préventives ou thérapeutiques contre un grand nombre de maladies. Beaucoup de plantes sont connues pour leur action préventive, curative et répulsive. Cependant, ce sont des solutions actives qui peuvent être néfastes en cas de surdosage. Remplacez les traitements chimiques de synthèse par des traitements entièrement naturels, à utiliser préventivement ou pour la cure. Pensez à introduire des insectes ou des larves utiles au potager. Utilisez par exemple les larves de coccinelles ou de chrysopes. Vous pouvez facilement en trouver à acheter si vous n’en obtenez pas suffisamment de façon naturelle dans votre jardin. Vous pouvez également construire des abris à insectes que vous installerez dans le jardin. Il peut s’agir d’une bûche percée pour les abeilles solitaires ou des pots remplis de paille pour les perce-oreilles. Vous pouvez trouver dans le commerce des hôtels à insectes que vous installerez à proximité de vos légumes.

Arroser en fonction des besoins

L’arrosage permet d’éviter le dessèchement et la mort de la plante. En été, arrosez en fin d’après-midi ou le matin. Cela permet d’éviter une évaporation de l’eau sous l’effet de la chaleur. Au printemps et en automne, il est recommandé d’arroser le matin. Arrosez au niveau du sol en évitant si possible de mouiller les tiges et les feuilles. Cela permettra de limiter les maladies et d’éviter que le soleil brûle les tissus des feuilles. En temps de pluie, privilégiez l’eau de pluie plutôt que l’eau de robinet. C’est idéal pour vos pousses.

Les erreurs à ne pas commettre pour son premier potager bio

Pour un premier potager, il faut éviter de semer en trop grande quantité. En effet, les jeunes pousses risquent de vite manquer d’espace et de lumière pour se développer. Préférez semer peu, mais régulièrement en échelonnant les semis pour récolter plus longtemps. Une bonne manière de prolonger les récoltes consiste à échelonner les semis environ tous les 15 jours. L’autre erreur à ne pas commettre est de s’installer dans la mono culture. Cultiver plusieurs fois de suite une plante ou des plantes de la même famille au même endroit appauvrit le sol en éléments nutritifs. De plus, maladies ou ravageurs peuvent être encore présents dans le sol, favorisant ainsi une nouvelle contamination. La meilleure solution reste la rotation des cultures. Elle consiste à diversifier en évitant de cultiver les mêmes légumes deux années de suite au même endroit. Ce système permet d’éviter la propagation des maladies, la multiplication des insectes nuisibles, l’épuisement des ressources du sol en éléments minéraux et aussi la colonisation par de mauvaises herbes. En outre, ne privez pas vos jeunes pousses de lumière. Pensez à leur donner assez de lumière pour leur bon développement. Pour une exposition Sud, votre potager bénéficiera d’au moins 4 h de soleil pendant les heures les plus chaudes de la journée. C’est un ensoleillement idéal pour la croissance de vos plantations. Une exposition nord entraîne la présence d’ombre durant la journée. La luminosité est faible et peu de plantes arrivent à résister. Impossible de cultiver des melons ou des tomates à l’ombre par exemple. D’autres par contre arrivent à s’adapter à cette situation. Retenez que dans une exposition nord, le rendement est moins important. Pensez donc bien à placer vos semis. Un manque de lumière pourrait retarder leur croissance. 

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