Le genre Quercus regroupe une multitude d’espèces d’arbres que l’on désigne par le nom vernaculaire « chêne ». Les chênes sont le symbole de la pérennité et de la puissance dans plusieurs cultures. Il s’agit en effet d’arbres très grands et majestueux qui disposent d’une longévité légendaire. C’est d’ailleurs cette allure imposante qui fait que l’on considère le chêne comme le roi des arbres de la forêt. Souhaitez-vous avoir plus d’informations sur le Quercus ? Suivez ce guide pour découvrir tout ce qu’il faut savoir sur cet arbre hors pair.

Généralités sur le Quercus

De la famille des Fagaceae et du genre Quercus, le chêne est un arbre très répandu sur toute la planète. On le retrouve en effet sur tous les continents et il mesure entre 1 et 40 mètres de hauteur selon les espèces. De plus, il présente généralement une large silhouette avec un tronc trapu.

On distingue concrètement entre 400 et 600 différentes espèces de Quercus à travers le globe.

Cependant, la majorité de ces espèces est concentrée dans les forêts de l’hémisphère nord. La dénomination « Quercus » dérive du Celte « kaerquez » et signifie « bel arbre » ou « arbre par excellence ». Seuls les Quercus à stature modeste peuvent être introduits dans les jardins. On retrouve en réalité les plus petits chênes dans les régions méditerranéennes. Ces modestes arbustes ne mesurent pas plus de 1 m de hauteur. On les utilise principalement dans les haies défensives. Par ailleurs, on classe les chênes dans deux catégories en fonction de leur feuillage :

  • Les chênes à feuilles lobées et caduques ;
  • Les chênes à feuilles persistantes.

Les variétés de chênes à feuillage caduc

Parmi la dizaine d’espèces de chêne à l’état naturel qui peuplent la France, 6 sont à feuilles caduques. On retrouve cependant dans le commerce plus d’une trentaine d’espèces de chêne. On note néanmoins que certaines espèces ne sont recherchées que par des collectionneurs. Voici une brève description des chênes les plus courants dans la catégorie des Quercus à feuillage caduc :

Le chêne pédonculé (Quercus robur)

Le chêne pédonculé encore appelé chêne commun est originaire de l’Europe de l’Est. Il présente un large feuillage caduc avec un houppier plus ou moins irrégulier. Cet arbre croît très lentement dans un premier temps avant d’accélérer dès qu’il est établi. Il peut atteindre 27,5 m à maturité et convient aux grands jardins. Si vous disposez cependant d’un jardin de taille modeste, vous pouvez opter pour le Quercus robur Concordia. Ce cultivar du chêne pédonculé ne mesure que 7 mètres à maturité.

Le chêne des marais (Quercus palustris)

Le chêne des marais convient généralement pour les grands parcs. On peut cependant l’introduire en isolé ou en alignement dans les jardins. Très rustique, cet arbre qui mesure à maturité entre 15 et 20 mètres peut résister jusqu’à -28 °C. Il présente un feuillage caduc assez vert en été et une teinte rouge écarlate en automne. Par ailleurs, vous l’aurez compris d’après son nom, ce type d’arbre préfère les terrains frais.

Le chêne rouvre (Quercus petraea)

Chêne des forêts françaises, le Quercus petraea est un arbre qui peut être cultivé en isolé du moment où on lui réserve assez de place. En effet, bien que le chêne rouvre soit considéré comme un arbre forestier, on le retrouve aussi bien dans les prairies que dans les parcs. Encore appelé chêne sessile, il peut atteindre 30 voire 40 m de hauteur et peut vivre pendant un demi-millénaire. 

Le chêne blanc (Quercus pubescens)

Très présent dans les jardins et les parcs du Midi, le chêne blanc encore appelé chêne pubescent se prête assez bien à la culture des truffes. Cette espèce méridionale de Quercus mesure entre 15 et 20 m de hauteur à maturité. Ses feuilles caduques et ornées de poils blancs sur leur face intérieure ne tombent qu’au printemps. De plus, il est rustique jusqu’à plus de -20 °C et s’adapte très bien à la sécheresse et aux sols rudes.

Les variétés de chêne à feuillage persistant

Les chênes à feuillage persistant sont aussi bien adaptés pour les grands jardins que pour les petits jardins. En France, on retrouve 4 espèces de cette catégorie de chênes dans leur biotope naturel. Cependant, bien plus d’espèces sont en vente sur le marché. Zoom sur quelques espèces de Quercus reconnues parmi les chênes à feuillage persistant.

Le chêne vert (Quercus ilex)

 

Rustique jusqu’à -15 °C, le chêne vert dispose de feuilles persistantes qui ressemblent à celle du houx. Il s’agit d’un arbre forestier symbolique du Midi. Il se plaît en ville et l’on peut le tailler en pyramide comme en rideau. On le retrouve dans les parcs ainsi que dans les jardins en alignement ou en isolé. Il favorise la culture truffière et fournit des glands sans pédoncules.

Le chêne kermès (Quercus coccifera)

Le chêne kermès est un arbuste buissonnant qui mesure entre 1 et 2 m de hauteur. Ses petites feuilles persistantes de couleur vert luisant sont très piquantes. Il s’adapte très bien à la sécheresse, aux embruns ainsi qu’au vent. Rustique jusqu’à -12 °C, on utilise souvent cet arbre pour :

  • Les massifs ;
  • Les rocailles ;
  • Les haies taillées ;
  • Les sous-bois…

Le chêne-liège (Quercus suber)

Le chêne-liège est un arbre qu’on exploite principalement pour son écorce qui fournit le liège. Il ne dépasse généralement pas 12 à 15 mètres de hauteur et vit jusqu’à 150 ans voire 200 ans. Il résiste très bien aux incendies et l’on peut le planter en isolé comme en groupe. Arbre calcifuge, sa rusticité lui permet de résister aux faibles températures jusqu’à -16 °C.

Le chêne glauque (Quercus glauca)

Encore appelé chêne bleu du Japon, le chêne glauque est une variété de Quercus qui a une petite taille. Il donne des glands qui ressemblent aux noisettes et ses feuilles sont larges, coriaces et bleutées. Calcifuge, il s’agit d’une espèce qui convient pour les petits jardins. On l’utilise souvent en isolé dans les parcs et les places publiques en raison de son port très esthétique ainsi que l’ombre qu’il fournit.

Multiplication du Quercus 

Il existe plusieurs techniques pour procéder à la multiplication du Quercus. Il s’agit principalement des méthodes suivantes :

  • Le semis des glands ;
  • La séparation des drageons ;
  • La greffe (cultivars).

Le semis des glands est la pratique la plus populaire pour multiplier les chênes. À proximité du pied de l’arbre, il n’est pas rare de voir des glands qui germent en quantité. Vous pouvez simplement prélever ces plantules tout en prenant soin d’enlever le pivot. C’est ce pivot qui favorisera le développement des racines en profondeur après plantation.

À défaut de glands germés, vous pouvez effectuer un ramassage des plus gros glands en automne. Il faudra veiller à ce que ces derniers n’aient pas de trous. Pour effectuer votre sélection de bonnes graines, mettez vos glands dans un seau d’eau et choisissez ceux qui coulent. Dans un pot rempli de sable mélangé avec du terreau, vous devez placer vos graines en surface tout en vous assurant qu’elles ne se touchent pas. Exposées à l’extérieur dès l’automne, le froid de l’hiver favorise la stratification des graines. S’en suit la germination en début de printemps. Vous pouvez alors effectuer le repiquage des plantules dans des pots individuels ayant au moins 15 cm de profondeur. L’ensemble doit être placé à la lumière, mais à l’abri du plein soleil. Par ailleurs, on s’assurera de la fraîcheur continue du substrat.

Prix des plants de Quercus

C’est une évidence que la procédure de multiplication du Quercus est assez longue. Vous n’êtes cependant pas obligé de suivre ces étapes pour obtenir les lièges dont vous avez besoin. En réalité, vous pouvez simplement effectuer un achat de jeunes plants n’ayant que quelques années. Plusieurs magasins spécialisés mettent en vente cette espèce de plante. Il est même possible de faire un achat en ligne et de bénéficier d’une livraison à domicile. Les prix des chênes varient cependant suivant plusieurs critères tels que :

  • La hauteur de la jeune plante ;
  • Le volume du pot ;
  • L’espèce de Quercus ;
  • La quantité commandée…

En fonction de la plante que vous convoitez, vous pouvez prévoir entre 10 euros et 50 euros pour chaque pied.

Plantation d’un chêne

Les chênes sont des arbres peu exigeants. Ainsi, les précautions à prendre pour les planter ne sont pas nombreuses. Il suffit de trouver le bon emplacement pour l’espèce de Quercus à mettre sous terre et le tour est joué.

Quel est l’endroit idéal pour planter un chêne ?

Généralement, les chênes se développent aisément dans des sols drainés et profonds. La fraîcheur du sol est aussi un critère à observer pour l’ensemble de ces végétaux. Néanmoins, certaines espèces dérogent à la règle.

Les chênes verts apprécient par exemple les sols et les climats secs. La plupart sont également calcifuges.

En outre, il faut noter que la plantation des chênes doit se faire dans un endroit facilement accessible à la lumière. Pour les chênes qui favorisent la culture des truffes (le chêne vert, le chêne blanc et le chêne rouvre par exemple), on choisira un terrain peu profond, mais frais et filtrant. Ainsi, les racines pourront s’étaler proche de la surface pour une production abondante de truffes.

Période idéale de plantation

Le moment idéal pour planter le chêne est l’automne. Si vous vous faites rattraper par les gelées, vous pouvez toujours planter votre arbre au printemps. Dans ce dernier cas, vous devez l’arroser jusqu’à ce que vienne l’hiver. La majorité des chênes sont en effet rustiques face au froid.

Comment planter un Quercus ?

La plantation d’un petit chêne en conteneur ne nécessite pas de précautions particulières. Cependant, pour la plantation en pleine terre d’un plant assez grand, vous pouvez suivre les étapes suivantes :

  • Humecter la motte en le plongeant dans un seau d’eau ;
  • Creuser le trou de plantation profond d’environ 40 cm et près de trois fois plus grand que la motte ;
  • Mettre en place une couche drainante si nécessaire (sable, gravier…) ;
  • Prévoir des tuteurs pour la plantation des gros sujets ;
  • Enterrer la motte de sorte que le collet soit à ras de terre ;
  • Tasser légèrement avec le pied les alentours de la plante ;
  • Arroser abondamment pour chasser les éventuelles bulles ;
  • Pailler le pied du chêne pour le maintien de la fraîcheur autour des racines.

Le paillage est d’une grande utilité puisque le chêne, quel qu’il soit, craint énormément la sécheresse dans sa jeunesse. De plus, cette couche limite la pousse des mauvaises herbes.

Entretien d’un Quercus

Bien que le chêne soit un arbre très résistant, il est important de l’entretenir un tant soit peu pour l’aider dans son développement. Un arrosage tous les 10 ou 15 jours sera nécessaire au cours des premiers étés après la plantation. En matière d’entretien, le chêne ne demande pas d’autres soins si ce n’est le taillage et la lutte contre certains parasites et maladies.

Taillage du Quercus

La taille du liège s’effectue généralement en hiver pendant le repos végétatif. Les topiaires, les haies ainsi que les massifs peuvent cependant être taillés au besoin en automne et au printemps. Lors de l’opération, on cherche à éclaircir l’intérieur de l’arbre. C’est aussi l’occasion pour éliminer les branches malades et celles mortes. Le rééquilibrage de la ramure du jeune arbuste n’est également pas exclu.

Lutte contre les maladies, les parasites et les nuisibles d’un Quercus

Les chênes au feuillage persistant sont plus résistants aux maladies que les chênes à feuilles caduques. En réalité, ces derniers sont souvent sujets à l’oïdium dans un climat sec. Il s’agit d’une maladie qui n’impacte pas la vie du chêne, mais plutôt son esthétique. Vous n’êtes donc pas obligé de le traiter. Néanmoins, vous pouvez utiliser le soufre pour éradiquer le mal chez les plus jeunes plants. Après les pluies d’été et notamment au printemps, les pucerons peuvent envahir les extrémités des nouveaux rameaux. L’arbre adulte ne craint rien de ces parasites. Cependant, vous pouvez vous en débarrasser avec de l’eau savonneuse. Les galles brunes sont aussi une maladie inoffensive pour les chênes. Elles apparaissent suite aux pontes du cynips, une petite guêpe. Les chenilles défoliatrices sont aussi des parasites qui peuvent attaquer sauvagement le feuillage de vos arbustes. Le pourridié fait par ailleurs son apparition au niveau des chênes qui croissent dans un sol trop humide. Il n’y a pas de traitement efficace contre cette maladie. La mort de votre Quercus est donc inévitable.

Les utilisations du Quercus

Plusieurs éléments du chêne sont utiles aussi bien pour l’homme que pour les animaux. Ils interviennent dans la fabrication de divers outils utiles au quotidien, mais pas seulement. Il s’agit principalement des éléments suivants :

  • Le bois de chêne ;
  • La noix de galle ;
  • L’écorce de l’arbre ;
  • Le fruit du chêne (gland).

Le bois dur du chêne est très apprécié pour la réalisation des boiseries d’intérieurs, des charpentes et des parquets. L’écorce de l’arbre est utilisée à diverses fins à savoir la production du liège (Quercus suber), la production du tan ou encore la mise au point de certaines préparations médicinales. Les glands sont consommables pour les hommes. Ils servent à alimenter aussi les porcs. Quant à la noix à l’intérieur des galles, elle est notamment utilisée pour confectionner des teintures.

Que retenir de ce guide sur le Quercus ? Le genre Quercus, désigné dans le vernaculaire par chêne, est un ensemble d’espèces végétales très résistantes. Ces arbres et arbustes sont généralement grands, robustes et disposent d’une longévité exceptionnelle. On les classe en deux groupes à savoir les chênes à feuillage persistant et les chênes à feuillage caduc. L’un et l’autre ne nécessitent que peu d’entretien notamment dans leur jeunesse. À maturité, ils sont fort utiles pour les hommes comme pour les animaux.

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