D’une superficie de 129 494 km carrés, le Nicaragua est le plus grand pays d’Amérique centrale. Reconnu surtout pour ses volcans, il offre également à admirer ses lacs, ses rivières, ses reliefs montagneux ainsi que ses larges plaines. 26 % de la superficie du Nicaragua, soit trois millions d’hectares, sont recouverts de forêts naturelles. 70 % de ses écosystèmes ne se retrouvent nulle part ailleurs sur la planète, et il abrite 7 % de la biodiversité mondiale. Ce n’est donc pas pour rien que le Nicaragua est considéré comme l’un des poumons de l’Amérique latine. Il a une végétation de type tropical et subtropical avec sept types de forêts distincts. Au nombre des espèces végétales endémiques du Nicaragua, se trouvent la Sobralia, l’hibiscus, le Sombrilla del Pobre, le cèdre, l’acajou, le Ceiba, le sapin baumier et l’arbre à gomme sauvage. Découvrez dans cet article tout ce que vous devez savoir sur ces arbres endémiques du Nicaragua.

La Sobralia

La Sobralia est à compter parmi les-arbres-endémiques du Nicaragua. C’est un genre constitué exactement de cent-vingt-cinq espèces d’orchidées. La Sobralia fait partie des Sobraliinae et est présente sur tout le continent sud-américain ainsi qu’en Amérique centrale. Les orchidées sont surtout terrestres, mais il n’est pas rare d’en voir qui adoptent dans les forêts humides un comportement épiphyte. La Sobralia est une orchidée néotropicale constituée de tiges longues, grêles et érigées, ce qui lui confère un aspect graminoïde. Ses fleurs disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues et ont une teinte blanche à rose, avec un centre jaune.

La liste des espèces de Sobralias est très longue. Elle renferme entre autres :

  • Sobralia allenii ;
  • Sobralia altissima ;
  • Sobralia anceps ;
  • Sobralia atropubescens ;
  • Sobralia bletiae ;
  • Sobralia boliviensis ;
  • Sobralia cattleya ;
  • Sobralia decora ;
  • Sobralia ecuadorana ;
  • Sobralia hagsateri ;
  • Sobralia kermesina ;
  • Sobralia mariannae ;
  • Sobralia purpurea ;
  • Sobralia scopulorum ;
  • Sobralia virginalis ;
  • Sobralia virginalis.

L’hibiscus

L’hibiscus est un genre de plantes à fleurs constituées de centaines d’espèces et qui appartient à la famille des Malvacées. Les arbres peuvent atteindre une hauteur de cinq mètres, et les feuilles sont de forme ovale ou lancéolée. Ces feuilles peuvent être simples, avec des bords dentés ou ondulés. Les fleurs sont en général à symétrie centrale et sont soit isolées, soit groupées en inflorescences. Cet arbre est constitué de cinq sépales libres qui forment le calice tandis que la corolle est composée de cinq pétales qui peuvent être libres ou bien soudés légèrement à la base.

Les étamines quant à elles sont nombreuses, soudées entre elles et forment un long tube portant cinq dents à son sommet. Le pistil est généralement constitué d’un ovaire à cinq carpelles pluriovulés et d’un long style qui passe dans le tube des étamines. Le stigmate s’ouvre uniquement dès que les étamines sont flétries, ce qui permet une fécondation croisée. Les fruits de l’hibiscus sont quant à eux des capsules. Une fois matures, celles-ci s’ouvrent et libèrent les graines qui sont velues. Pour finir, il faut dire que les fleurs de l’hibiscus sont soit monochromes, soit bicolores et sont torsadées avant d’être complètement ouvertes. Dans les conditions normales, elles surviennent de mars à septembre.

Voici énoncées quelques espèces d’hibiscus rencontrées au Nicaragua :

  • Hibiscus amoenus ;
  • Hibiscus aponeurus ;
  • Hibiscus bifurcatus ;
  • Hibiscus byrnesii ;
  • Hibiscus clypeatus ;
  • Hibiscus glaber ;
  • Hibiscus uncinellus.

Le Sombrilla del Pobre

Le Sombrilla del Pobre (l’ombrelle du pauvre) n’est pas une plante ordinaire. Le nom scientifique de cette herbacée est Gunnera Insignis, et il n’est pas rare de la rencontrer au Nicaragua. Le Sombrilla de Pobre impressionne plus d’un par son côté monstrueux. Il est d’une grande robustesse avec une tige épaisse et recouverte d’écailles, donc rugueuse et pouvant s’élever à plus de deux mètres. Ses feuilles sont de forme ronde, lobée et dentelée. Son inflorescence prend une teinte rouge et peut aisément atteindre une longueur d’un mètre. Les fleurs du Sombrilla del Pobre sont minuscules et se retrouvent un peu partout sur ses branches.

Le Gunnera Insignis est surtout réputé pour son association symbiotique avec une cyanobactérie. Les cyanobactéries font certainement partie des êtres vivants les plus anciens qui peuplent la terre. Elles sont apparues il y a près de 3,5 milliards d’années. Ubiquistes et d’une extrême résistance, on les retrouve partout même dans les glaces des pôles et dans les sables des déserts. Elles présentent un grand avantage pour le Sombrilla del Pobre puisqu’elles sont en mesure de fixer l’azote atmosphérique. Les cyanobactéries le transforment en azote organique que la plante peut ainsi utiliser pour son développement.

La Gunnera Insignis est dotée de glandes spéciales au niveau de sa tige qui permet l’entrée des cyanobactéries Nostoc. Ceux-ci, à l’arrivée de l’autonome, se mettent alors complètement au service du Sombrilla del Pobre.

Le cèdre

De la famille des Pinacées, les cèdres sont des conifères que l’on retrouve surtout au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans l’Himalaya. Mais, ils sont aussi présents en Europe et pour ce qui nous concerne, en Amérique centrale au Nicaragua. Ils comprennent des espèces d’arbres à bois odorant et dont la cime est conique ou étalée :

  • les arbres sont grands. Ils peuvent atteindre vingt-cinq à cinquante mètres de haut ;
  • la cime est aiguë à ses débuts puis devient progressivement tabulaire à partir de trente ans ;
  • les branches du cèdre sont étalées à l’horizontale et en plans superposés ;
  • les feuilles du cèdre sont en fait des aiguilles de petite taille (deux à quatre centimètres) et plus ou moins piquantes. Elles sont rassemblées en rosettes sur des rameaux courts ;
  • les cônes femelles ont une longueur comprise entre 6 et 11 cm et un diamètre pouvant atteindre les 6 cm. Ils sont ovoïdes oblongs et se présentent en position dressée. La chute d’un cône est précédée du détachement des écailles minces ;
  • les graines sont de forme triangulaire et ailée ;
  • en plus de croître rapidement, les cèdres ont une durée de vie impressionnante. On estime qu’ils peuvent vivre au-delà de deux mille ans même si les plus anciens à l’heure actuelle ont autour de mille ans.

Les cèdres sont parasités par certaines espèces animales comme les chenilles par exemple. Ils n’en sont pas moins utilisés comme arbres d’ornement et en tant qu’essence de reboisement. On s’en sert aussi comme bois d’œuvre en raison de leurs propriétés particulières. Leur odeur éloigne les insectes tout comme les vers, même s’ils produisent un bois assez cassant. Autrefois, le bois de cèdre était aussi employé pour fabriquer des navires et construire des sarcophages. Les artisans se servent également du bois de cèdre pour confectionner des coffrets ou encore des boîtes de bijoux.

L’acajou

L’acajou est le nom employé pour désigner un ensemble d’arbres retrouvés dans les régions tropicales et tout particulièrement au Nicaragua. Tous ces arbres appartiennent à la famille des Méliacées. Leur bois est de couleur rose pâle ou rouge, dégage une forte odeur, peut être facilement travaillé. Leurs fruits sont des capsules et renferment des samares ou akènes ailés. On distingue plusieurs genres d’acajou à savoir le Cedrela, Entandrophragma, le Khaya qu’on retrouve souvent en Afrique, Swietenia en Amérique et Toona en Asie.

Les espèces d’acajou les plus présentes au Nicaragua sont celles des genres Cedrela et Khaya, notamment :

  • Swietenia mahagoni ;
  • Swietenia macrophylla ;
  • Cedrela odorata, etc.

On se sert du bois d’acajou en ébénisterie tout comme en marqueterie et en lutherie des guitares. Il est surtout utile en lutherie pour le corps et les manches. Le bois d’acajou est aussi utile en modélisme naval, lorsque doivent être confectionnés des modèles de bateaux statiques ou radiocommandés de tailles réduites.

Le Ceiba

Le Ceiba est un arbre typique des régions tropicales et est classé soit dans la famille des Bombaceae (classification classique), soit dans la famille des Malvaceae (classification phylogénétique).

Pas moins de dix espèces se retrouvent sous ce genre, certaines de ces espèces étant appelées communément « fromagers ». Le genre Ceiba est constitué de grands arbres qui peuvent s’élever à une hauteur de soixante-dix mètres. Ils sont donc très reconnaissables, car ils émergent au-dessus des forêts tropicales.

  • Le tronc du Ceiba est épais et porte en général des ailes. Ces ailes sont souvent très développées et servent lieu de contreforts.
  • L’écorce est lisse et de couleur grise, avec un houppier arrondi prenant la forme d’un parapluie.
  • On note la présence d’épines au niveau des jeunes branches.
  • Les feuilles sont alternes, composées-palmées et constituées de huit folioles entières.
  • La grandeur des fleurs varie en fonction des espèces, et elles sont généralement de couleur blanche ou blanc rosé. Les fleurs possèdent par ailleurs cinq faisceaux d’étamines qui, à leur base, sont soudés en tube.
  • De forme ellipsoïde, les fruits sont des capsules déhiscentes, et leur longueur peut atteindre vingt centimètres. Elles s’ouvrent en cinq valves qui renferment beaucoup de graines.
  • Les graines des fruits sont sombres et reposent au milieu d’un duvet abondant constitué de fibres. Ces fibres sont connues sous l’appellation de kapok, ne dépassent pas les trois centimètres de long et portent sur elles une substance cireuse qui leur confère leur propriété hydrofuge.

Ce sont les graines des fruits du Ceiba qui sont surtout utiles à l’homme. Elles contiennent en effet 25 % d’huile, et on s’en sert comme huile de lampe. Parmi les espèces de Ceiba présentes au Nicaragua figurent :

  • Ceiba acuminata ;
  • Ceiba chodatii ;
  • Ceiba lupuna ;
  • Ceiba rosea ;
  • Ceiba speciosa.

Le sapin baumier

Le sapin baumier fait partie de la famille des Pinaceae et est apparu en premier en Amérique du Nord. Il peut facilement atteindre quinze à vingt mètres de hauteur avec un tronc dont le diamètre peut dépasser soixante centimètres.

  • Le sapin baumier prend une forme pyramidale.
  • Cet arbre peut vivre de soixante-dix à cent cinquante ans.
  • Il est formé de cônes se dressant de façon verticale sur les rameaux et ayant une hauteur comprise entre cinq et dix centimètres. Ces cônes deviennent mûrs en automne, avec à la clé une perte de leurs écailles. Il n’y a plus que le rachis qui survit jusqu’à l’été.
  • Plates et non piquantes, les aiguilles sont odorantes, et on note sous elles des raies de couleur blanche.
  • À l’ombre, les aiguilles sont portées par les rameaux sur deux rangées horizontales. Mais, ces rameaux recouvrent l’entièreté de la tige au soleil.
  • Enfin, les jeunes sapins baumiers sont constitués d’une écorce lisse, de teinte grisâtre et des vésicules qui contiennent de la résine. C’est de cette résine qu’on tire la gomme de sapin.

Le sapin baumier prospère mieux aux abords de forêt, entre le niveau de la mer et une hauteur de 1700 mètres. Ce conifère joue un rôle important en tant que brise-vent, permettant la formation de microclimats locaux et favorisant la vie de nombreux animaux. En hivers, les graines sont par exemple très appréciées par la gélinotte huppée tandis que l’élan se délecte de ses feuilles. La tordeuse des bourgeons est un autre animal que l’on retrouve à proximité du sapin baumier dont elle ne peut se passer de l’essence.

Le sapin baumier est aussi très utile pour l’homme.

  • Sa gomme est une oléorésine que l’on emploie en optique et en pharmacie.
  • On infuse parfois ses aiguilles pour les transformer en tisane.
  • On se sert de son bois pour fabriquer du papier, mais aussi du bois de charpente. Le sapin baumier est par ailleurs utilisé comme arbre de Noël et en aménagement paysager.

L’arbre à gomme sauvage

L’arbre à gomme sauvage ou Eucommia ulmoides est un petit arbre dont la hauteur peut atteindre les dix mètres. Son écorce est grisâtre. Les feuilles de cet arbre sont quant à elles alternes et dentées en scie sur le bord. Ses nervures sont membraneuses, et ses feuilles sont enfin monosexuées et dioïques.

L’écorce de la tige est la partie de l’arbre sauvage utile à l’homme. On la récolte en été. On l’aplatit et la met en tas pendant une période de 6 à 7 jours, le temps que les faces intérieures virent à la teinte noirâtre. Par la suite, elle est séchée soit au soleil, soit à l’étuve. Riche en gutta-pacha et en résine, l’écorce de l’arbre à gomme sauvage est également constituée de :

  • glucosides comme l’aucubine et la loganine ;
  • lipides ;
  • protides ;
  • huile essentielle ;
  • pigments ;
  • acide chlorogénique ;
  • sels minéraux, etc.

L’écorce de l’arbre à gomme sauvage est connue pour ses propriétés antihypertensives et antiphlogistiques. On s’en sert dans la régularisation de l’activité hormonale sexuelle. Plus précisément, elle sert aussi à soigner :

  • la néphrose ;
  • le lumbago ;
  • l’arthrodynie ;
  • la spermatorrhée ;
  • l’impotence ;
  • la colique utérine ;
  • le risque de fausse couche ;
  • l’hydropisie ;
  • l’hypertension, etc.

L’écorce se prend en décoction, en poudre, en pilules, en teinture ou encore en extrait liquide. Et la dose journalière ne doit pas dépasser les 20 grammes.

On rencontre sur le sol nicaraguayen plusieurs espèces végétales endémiques. Les plus notables sont la Sobralia, l’hibiscus, le Sombrilla del Pobre, le cèdre, l’acajou, le Ceiba, le sapin baumier sans oublier l’arbre à gomme sauvage. Outre ces arbres, le Nicaragua abrite de nombreux arbres fruitiers. Il n’est pas seulement nanti d’une diversité incroyable de sa flore constituée de 5796 espèces de plantes environ. Sa faune vaut également le détour avec pas moins de 248 espèces d’amphibiens et de reptiles, plus de 700 espèces d’oiseaux et 183 espèces de mammifères. Alors, si vous êtes un accro de la nature et des belles plantes, le Nicaragua a de quoi vous combler, quelle que soit la saison que vous aurez choisie. 

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